Le design graphique en 2007 : un constat alarmant

Dans leur avant-dernier numéro (N°109 – Mars 2008), le magazine Computer Arts publiait un dossier consacré aux tendances du graphisme pour 2008, profitant du même coup pour dresser un rapide état des lieux du design graphique en 2007. Un dossier d’autant plus intéressant qu’il est appuyé par des témoignages de designers reconnus mondialement. Le constat est sans appel : tous s’entendent pour dire que le design graphique a besoin de renouveau.

 » La tendance la plus visible a été le conformisme. De plus en plus de projets se ressemblent. »

Que ce soit en print, en publicité ou en webdesign, le manque d’originalité se ressent : la conceptualisation du fond a peu à peu laissé place à l’homogénéisation de la forme. Les outils, qui deviennent de plus en plus polyvalents et abordables par tous (la suite graphique Adobe CS3 en particulier), ne permettent plus la spécialisation des designers graphiques et donc favorisent ce formatage des créations.

C’est pourquoi on commence à constater une recrudescence des techniques traditionnelles, surtout dans le domaine de l’illustration et de la typographie « faîte à la main ». D’autant que le grand public, habitué aux publicités en tous genres, ne se laisse plus impressionner par la technique numérique en elle-même : tous ont chez eux un ordinateur de bureau, et rares sont ceux qui n’ont jamais essayé de retoucher eux-même leurs photos avec Photoshop, ou de réaliser le montage vidéo du mariage de leurs frères et sœurs avec Première…
On devrait donc assister au cours de 2008 à une « fusion » des métiers de graphiste et d’illustrateur, déjà en étroite collaboration sur bien des projets.

En ce qui concerne le webdesign, le constat est le même : tous les sites se ressemblent, et l’engouement que les clients ont eu pour les blogs et autres modules administrables personnalisables n’a fait qu’empirer les choses. Et c’est là que les webdesigners sont censés intervenir… Seulement voilà, l’effet « web 2.0 », appliqué au départ à des boutons pour donner un côté plus moderne et plus propre, a eu une telle répercution sur la toile qu’elle a fini par s’étendre à d’autres domaines ! Il m’arrive parfois de tomber sur des plaquettes réalisées par de grande agences pour des clients de renom, dans lesquelles même les flaps «prix» ou les blocs de texte sont agrémentés … d’un effet « glossy » ! Pire : même les logotypes ne dérogent pas à la règle ; de plus en plus utilisent la brillance de l’effet plastique et le reflet au sol qui, certe, est joli en fond d’écran ou sur une têtière de site web, mais nuit fortement à leur lisibilité à échelle réduite et perd de son esthétique une fois imprimé sur papier. Et là encore, le grand public (les clients) y est pour quelque chose : confrontés à ce magma d’effets formatés, ils réclament la même chose soit pour « faire joli » soit pour « faire comme les autres ». Pour ma part, je suis catastrophé d’entendre en agence des clients nous demander : « Faîtes nous quelque chose dans l’air du temps… vous savez… un truc à la web 2.0 ! ».

C’est un constat, le design graphique a besoin d’un sérieux renouveau… au risque de devenir tellement commun, que n’importe qui pourra devenir créatif !

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